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09 juillet 2008

Bilan personnel d’une année perturbée…

Depuis ma toute petite enfance je vis au rythme de l’année scolaire: mon père était prof, j’ai fait une scolarité pendant laquelle il n’était pas question de stage de vacances de quelque nature que ce soit, et mon métier a permis aux habitudes de perdurer. Pour moi, l’année commence en septembre et se termine en juin, les deux mois d’été n’étant qu’une parenthèse de repos pendant laquelle d’ailleurs je ne suis pas payé.

Nous sommes au 9 juillet et se termine donc une année étrange, perturbée, dérangeante. Alors que j’essaye de récupérer un peu d’énergie er de force, j’en fait encore des cauchemars et chaque matin me réveille à 6h30, mon heure habituelle.

Il est peut-être temps de faire le bilan d’une année qui m’a semblé particulièrement longue. Il faut dire qu’il s’est pour moi passé tellement de choses! Je suis d’accord que ce ne fut que l’aboutissement d’une longue perturbation, mais concrètement tout débuta fin août 2007 lorsque je pris conscience de l’amour que je portais à mon épouse et de la solitude dans laquelle je m’enfermais au sein de notre couple. J’y mis très vite bon ordre mais cela changea tous nos rapports avec Dominique, même s’il n’avait fallu que peu gratter pour que remonte à la surface la nécessité vitale d’un comportement différent, et que soient balayées les scories de 25 ans d’une vie qui s’était peu à peu adaptée à des contraintes particulières: la maladie, les enfants, la maladie encore, le besoin d’argent, la maladie toujours, la peur…

Fort logiquement je m’effondrai, rendu malade par une prise de conscience trop puissante pour moi: tachycardie, disparition du sommeil, etc. - des conséquences physiques que beaucoup doivent connaître. Pour ma part, j’avais la chance d’avoir une idée assez claire de la cause de mes tourments. Assez claire, mais pas tout à fait néanmoins puisqu’aujourd’hui encore il reste un ou deux points que je n’ai pas éclaircis. Je le ferai certainement dès septembre prochain, lorsque j’aurai repris assez d’énergie pour affronter des démons supplémentaires.

Il ne faudrait pas croire que ce fut une coïncidence si cet effondrement eut lieu alors que nous fêtions les cinquante ans de ma femme, ainsi que nos vingt-cinq ans de mariage. Je ne suis pas toujours très futé, mais je ne suis pas non plus complètement obtus. Parfois la nécessité du bilan s’impose d’elle-même, ce fut le cas. Cela était d’autant plus nécessaire que Dominique semblait aller de mieux en mieux, mieux en tout cas qu’elle n’avait jamais été en vingt-cinq ans. Il y eut encore quelques bas mais depuis dix mois elle ne s’est jamais mieux portée, et sans non plus retrouver une santé telle que celle que vous pouvez souhaiter avoir, elle s’est épanouie de façon étonnante, reprenant joie et énergie, perdant même au passage douze kilos superflus acquis malheureusement suite à l’inactivité forcée.

Je profitai de cette épreuve pour m’arrêter de fumer. Cela peut paraître étrange, voire incongru, mais ça a marché: je n’ai pas touché à une cigarette depuis dix mois. J’en ai parfois l’envie, mais je tiens bon. Je crois qu’en fumer une occasionnellement ne me ferait pas retomber dans cette habitude financièrement ruineuse et dangereuse pour la santé, mais je préfère pour l’instant m’abstenir de faire l’expérience. J’aurais pu attendre quelques semaines pour m’arrêter, me direz-vous. Certes, mais je le ressentis à ce moment-là comme une nécessité.

La maladie de ma femme semblait avoir provoqué chez elle ce que malheureusement elle provoque souvent chez les lupiques, une perte phénoménale de mémoire. Il était temps pour moi de vérifier jusqu’à quel point elle était touchée. Je fis donc une recherche effrénée de documents concernant sa vie passée, dont elle était incapable de me raconter le moindre évènement, et dont elle semblait avoir perdu jusqu’au plus infime souvenir. Je pris contact avec ceux qui l’avaient connue enfant, adolescente ou jeune femme, pour tenter de raviver en elle quelques bribes du passé. Ce fut un succès, qui pris quelques mois, mais qui nous permit de reconstruire quelques vestiges d’années oubliées, de sentiments effacés, de joies ou de peines perdues, de petits riens qui construisent notre identité. Que d’abîmes phénoménaux il reste encore! Mais que de souvenirs retrouvés.


A mesure que ma vie personnelle prenait un tour différent, que ma vie avec l’amour de ma vie redevenait une aventureuse lumineuse, je faisais donc l’expérience de prendre et reprendre contact avec autrui. Pendant vingt-cinq ans je m’étais avec constance appliqué à me construire une carapace d’un abord agréable mais parfaitement étanche aux autres, faisant fuir avec application tous ceux qui tentaient de voir au-delà de mes apparences. Il s’agissait bien entendu de nous protéger mon épouse et moi-même, mais rester seul dans les épreuves et ne dépendre que de soi devient vite une habitude difficile à surmonter. Je repris peu à peu contact, certes avec timidité. Et je pus constater à ma grande surprise que je pouvais faire appel à l’aide d’autrui sans contrepartie, ce que personne ne m’avait jamais appris; j’avais beaucoup donné pendant très longtemps, mais je n’avais jamais rien pris. Il était là aussi temps de changer.

Je fis la connaissance de plusieurs personnes, qui avaient la possibilité de m’aider alors que je ne les connaissais pas. Je découvris qu’un inconnu peut-être généreux alors même qu’on ravive chez lui des douleurs qu’il croyait oubliées. Je ne saurai jamais rendre ce qui m’a été donné là.

Et les mois passèrent ainsi. Je fis le maximum, mais avec beaucoup de difficulté et énormément de fatigue, pour gérer en parallèle ma vie personnelle avec ses doutes et ses espoirs, et mon très prenant travail. Je n’y suis pas trop mal arrivé, j’ai pu faire bonne figure, mais je le paye aujourd’hui: il me faudra pas mal de temps pour retomber sur mes pattes.

Je me rendis compte également que malheureusement cette épreuve avait mis à jour des choses de mon enfance que je pensais et que j’aurais préféré voir rester enfouies au plus profond de mon subconscient. Il faut croire qu’une fois la porte ouverte… J’ai maintenant en plus à nettoyer des écuries dont le crottin est bien accroché.

Je n’ai pas pu changer autant que je l’aurais voulu à mesure que je constatais l’étendue de mes mauvaises habitudes. Je voulais devenir plus honnête et plus juste, ne plus porter de jugement incongru et inutile sur tout ce qui passe à ma portée et sur des évènements contre lesquels je suis impuissant, et je n’y suis pas arrivé. Simplement aujourd’hui je me rends compte de l’inutilité de la plupart de mes prises de position ou de mes diatribes. Mais hélas je continue à les faire. Sur ce point, je ne suis pas loin de la faillite.

Où vais-je maintenant? Lorsque j’aurai à peu près récupéré de ma fatigue, je pourrai préparer l’avenir. Pour l’instant, en toute sincérité je ne vois pas le chemin que je dois prendre. Je me suis assis sur un banc dans la prairie qui longe ma route caillouteuse. J’espère que certains d’entre vous accepterez de me donner la main pour prolonger le voyage. Parce qu’il reste tant de questions auxquelles je n’ai su donner de réponse! L’un d’entre vous m’a demandé il y a quelques mois ce que je voulais, et à part bien sûr que je veux être libéré et heureux, je n’ai pas été capable de lui dire ce que je ne savais pas et ne sais toujours pas moi-même. J’aurais peut-être tendance à la fin de cette année épuisante à croire que je n’ai pas avancé d’un mètre dans mon itinéraire, mais tout me dit que j’ai au contraire parcouru un long chemin. Je tiens vraiment à accéder au sommet, et je ferai tout ce que je peux dans les temps qui viennent pour aller vers la lumière.

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